Un travail de vérification aux multiples facettes
Les rubriques de fact-checking dans la presse en ligne
Les décodeurs sur le site Le Monde.fr : ◊www.lemonde.fr/les-decodeurs est une rubrique constituée d’une équipe de journalistes du quotidien Le Monde, qui traquent les rumeurs, fausses informations, erreurs ou imprécisions diffusées par le milieu politique, mais aussi dans les autres médias et sites internet, en les remettant dans leur contexte, en renvoyant aux données brutes chiffrées ou en proposant des analyses fouillées. Une rubrique « Datavisualisation » donne lieu à des comptes rendus et des graphiques de synthèse sur des questions d’actualité polémiques, et la rubrique « Vérification » fait le lien avec l’application dite « Décodex », mini moteur de recherche qui propose la séduisante idée d’évaluer en quelques clics la fiabilité des sites consultés (600 sites référencés en mars 2017). En installant une extension sur son navigateur, on peut obtenir pour chaque site référencé dans le Décodex, une appréciation de son sérieux avec un code couleur, dont les critères sont décrits dans la charte des Décodeurs : qui en sont les auteurs et sont-ils identifiés ? Les données citées sont-elles sourcées ? Y a-t-il des corrections en cas d’erreurs ? Renvoie-t-il vers des sites douteux ? Si cette application ne fait pas l’unanimité dans les médias, certains arguant que Le Monde s’arroge ainsi un pouvoir de validation à sens unique sur toutes les autres sources d’information, cet outil a le mérite d’exister et est à prendre, à l’instar de toutes les autres ressources, comme un possible instrument de recherche et d’aide, à croiser bien sûr avec d’autres critères d’analyse.
Les observateurs : affilié au site de France24, la page web des observateurs (service de journalisme collaboratif basé sur l’appel à témoins du grand public pour mettre en avant sujets et infos) contient une rubrique intox, consacrée au fact-checking, au décryptage des rumeurs et à la dénonciation des fake news. ◊http://observers.france24.com/fr/
Le quotidien Libération tient une rubrique « Désintox. La parole des politiques soumise à contre-enquête » depuis 2008, à consulter sur ◊www.liberation.fr/desintox (contenu payant au bout de 7 visites sur le site).
Le scan politique du Figaro, depuis 2013 décline sa rubrique politique en plusieurs thématiques : verbatim, coulisses, décryptages, couac, insolite. ◊www.lefigaro.fr/politique/le-scan
Une sélection de sites de fact-checking en anglais
Le site Fake news Watch entend dresser une liste non exhaustive des sites douteux américains classés en trois catégories : les sites de rumeurs et d’infos falsifiées ; les sites satiriques ; les sites dits « clickbait », c’est-à-dire qui tirent leurs profits du nombre de clics en mettant en avant les infos douteuses qui génèrent davantage de clics que la vérité. Toutefois, attention aux mises à jour peu régulières de ce site : en avril 2017, la dernière datait de janvier 2016… ◊http://fakenewswatch.com/
Factcheck. Ce site indépendant de vérification des propos des hommes politiques américains, réalisé par l’université de Pennsylvanie, a été le précurseur de la vérification des faits sous cette forme-là. Les articles sont classés par leurs références aux personnalités politiques concernées ou par thème (santé, climat, travail, immigration…). Une rubrique permet aux internautes de passer directement leurs demandes de vérifications. Site uniquement en anglais. ◊www.factcheck.org
Politifact.com. Un modèle du genre ! Ce site très réussi, en anglais, est célèbre pour son Truth-O-Meter (véritomètre) et a reçu le Prix Pulitzer en 2009 pour son travail de fact-checking. L’équipe de
journalistes passe au crible toutes les informations, déclarations des personnalités publiques mais aussi des experts convoqués dans les médias. On peut consulter les décryptages par zone géographique, par thèmes ou par degré de vérité. Après le Obameter, les auteurs du site ont mis en place le Trump-o-meter, mesure de l’effectivité des promesses de campagne pendant le mandat. Le baromètre, accompagné d’un code couleur, du vert au rouge, va jusqu’à la catégorie « Pants on fire ! », signifiant le summum du mensonge, avec toujours un petit commentaire humoristique en dessous. Bien utile pour travailler en anglais avec les lycéens sur les informations erronées ou trompeuses.
◊www.politifact.com/truth-o-meter/
Snopes.com : site d’information en anglais qui décrypte les rumeurs, fausses informations et vérifie les faits des discours politiques. À noter, le top 50 des fake news les plus reprises du moment. ◊www.snopes.com/50-hottest-urban-legends
The International Fact-checking Network a créé une journée internationale du Fact-checking, le 2 avril : l’occasion de mettre en avant des ressources sur les fake news, l’esprit critique et les pratiques journalistiques. ◊http://factcheckingday.com/
The Fact Checker du Washington Post sous-titré « The truth behind the Rhetoric » sous forme de blog, des articles déconstruisent les principales erreurs et approximations des hommes politiques américains, en apposant un nombre plus ou moins élevé de petites icônes Pinocchio en face des infos. ◊www.washingtonpost.com/news/fact-checker


Full Fact est la version anglaise des sites précédents. Il s’agit d’un organisme associatif indépendant qui passe les informations données par le milieu politique au crible des données brutes et de la vérification des faits. ◊https://fullfact.org/
Préfigurant l’initiative Décodex du Monde ou encore Cross Check (voir ci-dessous), la plate-forme Emergent.info, créée par un journaliste américain, a proposé à partir de 2015 en anglais un classement des rumeurs ou des informations polémiques avec un code couleur (vert pour vraie/vérifiée : rouge pour faux ; et blanc pour invérifiable et controversé). ◊www.emergent.info
Allemagne : Correctiv, centre de recherches journalistiques, propose des articles d’investigation et de fact-checking, et a fondé une école de journalisme pour tous. Cet organisme est à l’origine de la collaboration avec Facebook pour tester la mention « douteuse » à apposer sur les informations circulant sur le réseau social (voir ci-après). ◊https://correctiv.org/en/
Ukraine : StopFake.org (traduit en dix langues). Ce site rédigé par des enseignants et des journalistes ukrainiens, a pour but d’analyser et de dénoncer la désinformation organisée par certains médias russes.
◊www.stopfake.org/fr/accueil
Et pour finir, une carte interactive a été réalisée par une équipe d’universitaires et d’étudiants en école de journalisme à l’Université de Durham. Elle permet de visualiser d’un seul coup d’œil les principaux sites et organismes de fact-checking partout dans le monde. ◊https://reporterslab.org/fact-checking/
Les initiatives des géants du Net face à la diffusion massive de fake news
Cross Check, « travailler ensemble pour donner des informations authentiques »
Lancé le 27 février 2017, ce projet collaboratif a pour but de vérifier de façon méthodique toutes les informations douteuses et mensongères qui circulent sur le web et qui concernent les candidats et les partis politiques dans le contexte des élections présidentielles et législatives. Suite à l’élection de Donald Trump et à la menace démocratique que représente la désinformation massive sur le net, plusieurs équipes de journalistes s’associent à Google et Facebook (France Médias Monde, via les Observateurs de France 24, France Télévisions, Global Voices, l’AFP, Libération, La Provence, Les Échos, La Voix du Nord, Les Décodeurs du Monde, Nice-Matin, Ouest-France, Rue89 et StreetPress) pour percer à jour les fake news. https://crosscheck.firstdraftnews.com/france-fr/
Mise en place d’un contrôle des informations sur Facebook, voir Courrier International n° 1369 et article en ligne www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/facebook/fausses-informations-facebook-lance-son-outil-de-fact-checking-en-france_2079107.html. Le célèbre réseau social met en place depuis début mars 2017 une procédure qui permet, à partir d’un certain nombre d’utilisateurs signalant une information douteuse, de transmettre cette dernière à un panel de médias (agence AP, site Factcheck.org, Politifact par les USA entre autres et huit organes de presse comme France Télévisions, Le Monde et Libération, ou encore l’AFP pour la France) pour vérification. De telles informations sont alors indiquées avec une mention « sujettes à caution » et mises en quarantaine en bas du fil d’actualité. Si un membre du réseau souhaite la partager, il reçoit un avertissement supplémentaire pour le dissuader de relayer l’info douteuse : « avant de partager ce contenu, sachez que des organismes vérificateurs ont contesté sa véracité ». Par ailleurs, Facebook lance « Journalism Project » qui devrait permettre aux journalistes de différentes rédactions de médias traditionnels d’écrire et de publier des articles directement sur Facebook.
Même annonce côté Google le 25 avril 2017, qui dit avoir amélioré son algorithme pour rendre moins visibles les informations fallacieuses dans les résultats de recherche et faire remonter les pages jugées fiables. Les internautes devraient pouvoir bientôt épingler directement sur la page de résultats les contenus considérés comme inappropriés ou douteux. À voir dans la pratique…
www.lemonde.fr/pixels/article/2017/04/25/contre-les-fausses-informations-google-retouche-son-moteur-de-recherche_5117424_4408996.html#gZZReVWJsKFzmOLm.99
Vérification des médias par les médias : une autre forme de fact-checking interne
Comme l’écrit en octobre 2003 Ignacio Ramonet dans Le Monde diplomatique, la critique du quatrième pouvoir que représentent les médias doit constituer un véritable « cinquième pouvoir », lieu de la vigilance, de la vérification et de l’impartialité, qui peut permettre d’aboutir à une « écologie de l’information ».
www.monde-diplomatique.fr/2003/10/RAMONET/10395
Dans la sphère des médias considérés comme fiables et « sérieux », le travail de vérification portera moins sur des fake news délibérément falsifiées, que sur des erreurs et des imprécisions, les journalistes pêchant par excès de rapidité dans la diffusion ou la reprise des dépêches, ou par manque de mise à jour d’articles contenant des informations erronées. Si la plupart des grands médias en ligne possèdent une rubrique « Médias » et parlent donc de leurs concurrents et du traitement médiatique de telle ou telle information, on peut citer quelques sites et ressources qui sont spécialisés dans l’analyse critique des médias et qui développent des outils de fact-checking propres aux discours journalistiques et à l’emballement médiatique.
Arrêt sur images : ce site bien connu d’analyse des médias, décortique les informations et les points de vue diffusés dans la presse écrite, la radio, la télévision ou les médias en ligne. On y trouve quelques articles disponibles gratuitement, mais la majorité des contenus est sur abonnement. www.arretsurimages.net/index.php
ACRIMED (Action Critique Médias) : Ce site qui se veut un observatoire critique des médias décortique le traitement médiatique des informations diffusées dans les médias traditionnels (presse, radio, télévision) dans des analyses construites et bien argumentées. Un outil nécessaire pour traquer les informations erronées et pour affûter son esprit critique. www.acrimed.org
L’Observatoire des Médias animé par le journaliste Gilles Bruno propose des articles de réflexion et d’analyse des différents médias. www.observatoiredesmedias.com
En ce qui concerne le petit écran, dans Médias, le Mag, l’émission hebdomadaire sur les médias de Thomas Hugues sur France 5 en 2015 et 2016, la rubrique « Denis décode » permet de décrypter et d’analyser les outils, ressorts et astuces de la communication médiatique. Du style Léa Salamé à l’esthétique des documentaires de Yann Arthus-Bertrand, en passant par les docu-fictions ou la communication politique de Barack Obama, une sémiologie intéressante à étudier. À revoir sur www.france5.fr/emissions/medias-le-magazine/denis-decode
Sur les ondes, on peut citer l’émission de Sonia Devillers, sur France Inter, tous les matins en semaine à 9 h 40,L’Instant M. qui analyse les grands enjeux du paysage médiatique. À réécouter sur le thème des fake news, l’émission du 10 avril 2017 : « Combattre les fake news sur Facebook ». www.franceinter.fr/emissions/l-instant-m/l-instant-m-10-avril-2017
Enfin, à lire : Lancelin, Aude.- Le Monde Libre.- éd. Les Liens qui libèrent, 2016 (prix Renaudot essai 2016) ; et toujours : Bourdieu, Pierre.- Sur la télévision suivi de L’Emprise du journalisme.- éd. Raisons d’agir, 1996.

Quelques sites spécialisés sur les rumeurs et théories du complot
Conspiracy Watch. Cet observatoire du conspirationnisme et des théories du complot permet de décrypter les discours irrationnels qui circulent sur le web et de lutter contre les dérives générées par la remise en cause abusive de faits pourtant avérés.
www.conspiracywatch.info
Hoaxbuster. Un des sites les plus anciens spécialisé dans les canulars et rumeurs numériques. www.hoaxbuster.com
Hoaxkiller. Moteur de recherche de hoax qui entend permettre de rechercher par mots-clés les rumeurs du web. En réalité, selon les mots clés utilisés (même ceux correspondant à des rumeurs effectives), les résultats de recherche sont très imprécis. Aucune mention des créateurs du site dans la rubrique « à-propos ». À utiliser avec précaution donc.
www.hoaxkiller.fr
Site gouvernemental « On te manipule » On y trouve une définition du conspirationnisme et des mécanismes de raisonnement fallacieux à l’œuvre chez les adeptes des complots, accompagné d’un schéma bien construit qui illustre le chemin des preuves à récolter pour déconstruire les discours complotistes. En bas de page, des liens vers d’autres ressources. www.gouvernement.fr/on-te-manipule
À noter, lorsque l’on tape « On te manipule » sur Google [07/07/17], un site miroir arrive en 2e position qui se dit une réponse citoyenne à la page du gouvernement. Or, aucun auteur n’y est signalé, aucune rubrique « Qui sommes-nous ? ». Un bon exemple à analyser avec les élèves en mettant les deux sites en parallèle pour essayer de démêler les intentions de chacun.
Site de Jérôme Quirant sur la déconstruction scientifique et technique (ingénierie) des théories conspirationnistes liées au 11 septembre. www.bastison.net

Des outils pédagogiques sur la désinformation et l’esprit critique
CLEMI : La Semaine de la Presse 2017 sur le thème « D’où vient l’info ? » fait écho à l’interrogation sur la provenance des rumeurs, la fiabilité des sources, l’identité et la légitimité des émetteurs d’information. On trouve entre autres ressources, plusieurs exemples de séquences pédagogiques dans le dossier édité par le CLEMI à cette occasion, ainsi que sur le site du CLEMI, qui traitent du phénomène de la désinformation ou de la « malinformation » : « Bluff, conspirationnisme, intox : les complots atteignent l’espace » ; « Le fact-checking, au service de la démocratie ? » ; « Comment démêler l’info de l’intox en jouant ? ». www.clemi.fr
À noter également la création des Ateliers Déclic’ Critique du CLEMI, lancés en mai 2017 : une série de courtes vidéos permet d’analyser des cas concrets d’intox, de manipulation ou de détournement d’images. Pour chaque cas, un kit pédagogique est entièrement téléchargeable (diaporamas, documents PDF, vidéos, scénarios pédagogiques clé en main), accompagné de références aux programmes et de définitions des notions abordées. Un outil très utile et réutilisable facilement : www.clemi.fr/fr/ressources/nos-ressources-videos/declic-critique/comment-verifier-lauthenticite-dune-video-publiee-sur-les-reseaux-sociaux.html
CorteX (COllectif de Recherche Transdisciplinaire Esprit Critique & Sciences), composé par des universitaires des académies de Grenoble, Marseille et Montpellier, propose sur son site une foule de ressources pédagogiques (cours, ateliers pratiques, vidéos…) mais aussi des références bibliographiques, des liens vers des films documentaires, des exemples de séquences et de travaux d’élèves et des entrées thématiques par discipline toujours dans l’optique d’aiguiser l’esprit critique, de déconstruire les discours pseudo-scientifiques et d’analyser les informations. Le collectif publie également un livre : Esprit critique, es-tu là ? : 30 activités zététiques pour aiguiser son esprit critique (éditions book-e-book, collection Une chandelle dans les ténèbres, no 22, 2013) : ce recueil regroupe de nombreux exemples d’ateliers pédagogiques à mettre en œuvre avec les élèves autour de thématiques sur les erreurs des sens, les phénomènes paranormaux à déconstruire, les photographies truquées, le hasard et la probabilité des coïncidences.
En dernière partie, une synthèse permet de faire un point épistémologique sur les divers aspects du raisonnement à mettre en œuvre pour aiguiser son esprit critique.
https ://cortecs.org/
Eduscol, portail « Déconstruire la désinformation et les théories complotistes ». On y trouve des comptes-rendus de colloques, de journées d’étude Canopé sur les fausses informations et les théories du complot, des ressources et des infographies pédagogiques. http://eduscol.education.fr/cid95488/deconstruire-la-desinformation-et-les-theories-conspirationnistes.html
On peut également se référer à deux lettres thématiques de veille numérique Édu_Num, l’une sur l’info-pollution (mars 2016) http://eduscol.education.fr/numerique/edunum-thematique/edunum_01#header-6 ; l’autre sur l’esprit critique (octobre 2016) http://eduscol.education.fr/numerique/edunum-thematique/edunum_02.
Dans les deux cas, les entrées par discipline avec de très nombreux liens vers des ressources et séquences pédagogiques, en font un outil très riche sur le sujet, accompagnées des références aux textes officiels sur l’esprit critique.
Réseau Canopé : dans le cadre de la mobilisation pour les valeurs de la République, le réseau Canopé a mis en ligne des dossiers fournis sur les problématiques liées à la désinformation et au complotisme. Le premier dossier présente une méthodologie de l’argumentation et du débat, les notions philosophiques de vérité, de préjugé et d’opinion, et des ressources pédagogiques pour favoriser l’autonomie intellectuelle des élèves.
www.reseau-canope.fr/developper-lesprit-critique.html.
Un second dossier propose des infographies sur le fonctionnement des théories du complot, un entretien avec Dounia Bouzar, l’excellent film ConspiHunter (voir ci-après) et les réactions des jeunes face à ce film.
www.reseau-canope.fr/les-valeurs-de-la-republique/les-ressources_reagir-face-au-complotisme.html
Événement du « Printemps de l’EMI » dans la région Occitanie du 1er mars au 8 juin 2017 :
le thème de cette année était « De la désinformation à l’information », avec une projection du film Conspihunter de Thomas Huchon, et une conférence de Nicolas Le Luherne, intitulée « Quelles actions pédagogiques pour développer l’esprit critique ? ». Programme complet des ateliers qui se sont déroulés pendant ces journées d’action www.reseau-canope.fr/service/printemps-de-lemi.html
Prezi réalisé par Nadya Benyounes (Responsable médias sociaux Réseau Canopé Gafidoc Rouen) : De la désinformation à la rumeur : quel décryptage de l’info ? De nombreuses ressources (vidéos, sites, méthodologie, travaux d’élèves) pour travailler avec des classes sur le thème de la désinformation.
https ://prezi.com/rdcnhcrqfxra/quel-decryptage-de-l039info/
Un article en ligne sur le site des Décodeurs du Monde présente toutes les méthodes de tromperies pour dissimuler des fake news. On y trouve de nombreux exemples de sites miroirs, qui reprennent l’habillage graphique de vrais sites d’information, pour diffuser des rumeurs le plus souvent à des fins idéologiques (« fachosphère » entre autres).
www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/16/les-mille-et-une-ruses-de-l-industrie-de-la-desinformation_5095635_4355770.html
À consulter également, un document pédagogique, qui allie petites illustrations en BD et analyse de l’information, intitulé « notre kit pour vérifier l’information à destination des enseignants et des autres » : une synthèse claire qui définit bien la différence entre information et opinion, source primaire et secondaire, comment vérifier une image et une vidéo, comment reconnaître les théories du complot, etc.
www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/02/03/decodex-notre-kit-pour-verifier-l-information-a-destination-des-enseignants-et-des-autres_5074257_4355770.html
Padlet sur la Semaine de la Presse 2017 :
ce mur de ressources très complet a été réalisé par un enseignant d’histoire-géo pour préparer la semaine de la presse : le circuit de l’info, les métiers de l’information, info ou intox, les médias sociaux, à qui appartiennent les médias… https ://padlet.com/balet_hg/SPME2017
Scoop.it du Clemi de veille sur les médias qui donne accès à des articles sur les fake news, thème très présent dans l’actualité de l’éducation aux médias en 2017.
www.scoop.it/t/infodoc-presse-veille-sur-l-actualite-des-medias
Décrypt’images. Ce site dirigé par Laurent Gervereau, spécialiste de l’analyse de l’image, propose un certain nombre d’outils pédagogiques sur la lecture d’images : grille d’analyse d’image, animations et décryptages de photos truquées, circuit de la photographie médiatique, réflexion sur le contexte, le cadrage, le montage et la prise de vue etc.
www.decryptimages.net/images/stories/decrypter_images/index.htm

Instituts de recherche, Colloques, Événements
10e édition des Assises du Journalisme et de l’information de Tours (15 au 17 mars 2017) organisées par l’association « Journalisme et Citoyenneté » : il est possible de réécouter en ligne l’ensemble des débats. L’un d’eux porte sur le fact-checking. « Atelier Recherche : Fact-checking, contournements politiques et enjeux de vérité ».
www.journalisme.com/credits/136-association-journalisme-et-citoyennete/1739-ecouter-les-debats-du-jeudi-16-mars
Collaboration Cochrane (domaine de la Santé) : ce groupe international à but non-lucratif composé de scientifiques, réalise des recherches et des études qui synthétisent les points de vue différents sur un même sujet en lien avec les thématiques de santé publique et produisent des métadonnées, dans un but d’indépendance et de vérification.
http://france.cochrane.org/
La Marche pour les Sciences, 22 avril 2017 : ce rassemblement citoyen a permis de réaffirmer l’importance de la démarche scientifique, indépendante et rationnelle, basée sur l’analyse des faits (et non des faits alternatifs), et de dénoncer les détournements de la vérité effectués par les différentes idéologies politiques (à l’exemple des États-Unis et du Président Trump en ce qui concerne le réchauffement climatique et bien d’autres sujets…).
www.marchepourlessciences.fr
Sélection de sites parodiques
Les sites satiriques, ou diffuseurs d’« infaux » sont très nombreux. En voici une sitographie non exhaustive disponible sur l’un d’entre eux (Actubis).
www.actubis.com/sites-satiriques-infaux
On y trouve entre autres les liens vers The Onion (en anglais), Le Gorafi (en français) et Francefooball.fr (site sportif satirique). Par ailleurs, on peut citer deux sites particulièrement sympathiques et pertinents à utiliser en classe :
Spurious correlations. Ce site en anglais établit des corrélations factices entre des données aux liens farfelus, simplement parce que les courbes coïncident sur les graphiques. Par exemple, on pourrait conclure que le taux de divorce aux USA diminue grâce à la baisse de la consommation de margarine. Une bonne manière, très visuelle, de mettre en garde les élèves sur le détournement des données mathématiques. www.tylervigen.com/spurious-correlations
Scientists of America. Un site utile pour travailler avec les élèves sur des fausses informations scientifiques. Les articles parodiques ont l’apparence de la fiabilité, mais développent des contenus totalement absurdes. Dans la rubrique « Qui sommes-nous ? », on trouve le fin mot de l’histoire : un site qui écrit sur mesure des fausses informations scientifiques sur des sujets farfelus.
À noter enfin en ce qui concerne le détournement des images, les photos truquées de l’artiste Robert Jahns www.ufunk.net/photos/robert-jahns/ ; et un article sur les photomontages qui ont été les plus relayés et pris pour vrais sur les réseaux sociaux
www.francetvinfo.fr/internet/six-fake-photos-qui-ont-embrase-les-reseaux-sociaux-en-2015_1243814.html
Un enjeu de société
Si les rumeurs et canulars ont toujours existé dans la vie de ces grands consommateurs de fiction, de narration et de mythes, que sont les êtres humains, la fabrication délibérée d’informations fallacieuses à des fins de manipulation des esprits devient, comme on l’a vu à travers cette sélection de ressources, un recours trop fréquent sur le web pour rester anodin. Ce phénomène met largement à l’épreuve notre esprit critique au quotidien et peut devenir véritablement inquiétant, amplifié qu’il est par la viralité de la diffusion des informations sur Internet. Lorsque la crédulité conduit à des formes d’endoctrinement ou de radicalisation, ce sont les fondements de notre culture rationaliste issue des Lumières et de nos valeurs républicaines, qui se voient remis en cause. Développer son esprit critique en apprenant à reconnaître une source fiable d’une source douteuse et en s’appuyant pour cela sur tous les outils pertinents possibles, représente donc sans nul doute un véritable enjeu de société.

rofesseur d’anglais. Ce professeur l’a ramené un soir de son entraînement de natation. A-t-il été trop prévenant ? Darren est bien incapable de le dire, mais face au groupe qui veut la peau de l’enseignant, il se tait. La carrière du prof est brisée, et Darren ne sort pas grandi de cette épreuve. On retrouve également cette thématique du professeur qui aurait eu un comportement déplacé envers un élève dans Rumeur… de Roger Judenne. Christophe Léon s’empare également de cette thématique dans Hoax : on retrouve la rumeur d’une « relation » entre un enseignant et son élève, sauf qu’ici il s’agit de femmes. Ascendant prof-élève, allusions sexuelles et homosexualité, tous les ingrédients pour une rumeur explosive et destructrice se mettent en place.
alors à l’opprobre lycéen. On retrouve aussi ce schéma de la jeune fille « pas assez féminine » et qui doit subir le harcèlement de l’amoureux éconduit à travers le personnage d’Ella, une des patientes du psychologue Sauveur Saint-Yves, héros de la trilogie de Marie-Aude Murail, Sauveur et fils.
Dans la plupart des romans cités, la rumeur est relayée par le bouche-à-oreille mais aussi par Internet et surtout sur les réseaux sociaux, nouveaux forums d’expressions pour une grande partie des adolescents. Les évolutions majeures de ce nouveau type de transmission sont : potentiel considérable de diffusion, rapidité de transmission et surtout conservation de l’information5. En effet, même plusieurs années après, l’information est telle quelle, prête à être rediffusée en l’état, le droit à l’oubli s’éloigne.
réalité qui peut provoquer bien des dégâts chez les adolescents. La sélection pouvait être élargie aux romans qui parlent de harcèlement à proprement parler, mais nous avons choisi de resserrer autour de la rumeur comme élément déclencheur du mécanisme de harcèlement.
Agnès Deyzieux : Quel rapport entretenez-vous avec le dessin ? Depuis quand dessinez-vous ? Quelles ont été vos influences graphiques ?

Cet ancrage dans l’Histoire crée-t-il des contraintes que vous n’aviez pas avec vos projets précédents, en matière de respect des lieux, des personnages historiques ? Le rôle de la documentation a-t-il été plus important ?




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