« Je n’enseigne rien à mes élèves, j’essaie seulement de créer des conditions dans lesquelles ils peuvent apprendre. » Albert Einstein

Depuis toujours, la question de l’accès à la « vérité » est au cœur des préoccupations de la philosophie. Bien avant Descartes, Leibniz et Kant, Francis Bacon souligne déjà les embûches de ce cheminement, nos sens et notre raisonnement égarés en permanence, trompés et poussés à commettre des erreurs par ce qu’il nomme les « Idoles », qu’il faut apprendre à exorciser.

La révolution des technologies de l’information et de la communication que nous connaissons a entraîné un bouleversement et des modifications profondes de notre société, dans nos modes de communication et de partage, mais aussi dans notre rapport à l’information, et donc à la connaissance. Face à la multiplication exponentielle des médias, nous devons rester d’autant plus vigilants à la mise en garde du philosophe de la fin du xvie siècle, et résister à la tentation de la paresse face à une masse d’informations non contrôlées, parfois même manipulées, dont nous sommes abreuvés en permanence ; l’exercice de la pensée critique apparaît peut-être plus que jamais comme un enjeu majeur de notre capacité à appréhender le monde qui nous entoure.

Il semble donc aussi impératif qu’urgent de placer cette notion au cœur des apprentissages : former les élèves à l’information, éduquer le sens critique, leur apprendre la mise à distance nécessaire à l’analyse… Il y a là un enjeu primordial de la formation des futurs citoyens de notre société, dans une éducation à l’autonomie critique qui tient de la rigueur scientifique. « Ayez le culte de l’esprit critique », nous enjoignait Louis Pasteur lors de son discours de réception à l’Académie française en 1882, dans un élan qu’Emile Roux, directeur de l’Institut Pasteur au début du xxe siècle, résume dans une très belle formule comme un esprit « qui donne l’ardeur au travail, l’imagination qui inspire les idées, la persévérance qui les poursuit, la critique qui les contrôle, la rigueur qui les prouve ».

Cette année, à l’occasion de son dossier spécial du numéro de rentrée, InterCDI a eu envie d’explorer cette notion si essentielle, que le monde qualifie volontiers de qualité typiquement française : la pensée critique, et plus particulièrement, bien sûr, le rôle des professeurs documentalistes dans la formation des élèves à cette discipline intellectuelle. Réflexions, place du prof doc, construction de partenariats, proposition de séquences pédagogiques… n’hésitez pas à nous faire parvenir toutes vos expériences autour de ce thème ! Toutes vos contributions sont les bienvenues :
InterCDI, c’est votre revue, faites nous part au plus tôt de vos envies d’écriture !