Outils et ressources pour déconstruire l’info falsifiée ou erronée

Alors que le concept de « post-vérité » fait florès dans les médias depuis l’élection de Donald Trump et son étrange notion de « faits alternatifs », la prise de conscience est réelle de l’impact des informations délibérément fallacieuses, ou infos « fabriquées » (traduction littérale du fake anglais) sur le grand public. Celles-ci peuvent aussi bien provenir du monde politique, de médias satiriques ou parodiques qui sont pris au premier degré, de sites à l’idéologie douteuse ayant l’apparence de sources d’informations fiables, de sites « clickbait » (« piège à clics ») qui s’engraissent grâce aux recettes publicitaires générées par les buz autour des thèmes complotistes, ou encore des citoyens eux-mêmes relayant sans distance critique toutes rumeurs ou intox circulant sur les réseaux sociaux. D’où la nécessité de créer ou de mettre à jour des outils de vérification vraiment opérants et consultés par le plus grand nombre. Créé en 2003 par Brooks Jackson, un journaliste de CNN, le premier site dédié entièrement au fact-checking (Factcheck.org) voit le jour aux USA dans le but de vérifier les propos des candidats à l’élection présidentielle américaine. Si cette pratique s’est depuis largement généralisée, et semble plus que jamais nécessaire au vu du nombre de fake news ayant conduit à l’élection de Donald Trump ou au Brexit entre autres, la pratique du fact-checking révèle une forme d’impasse des journalistes dits de présentation dans les débats télévisés, qui faute de connaissances ou de spécialisation, ne peuvent corriger ou contester en direct les chiffres avancés par les candidats à une élection.
La création de services spécialisés dans la vérification des données, qui est au cœur même du travail du journalisme en tant que pouvoir de vigilance et de critique, marque le renouveau d’un « journalisme de savoir » (Dominique Cardon, La Démocratie internet : promesses et limites, 2010). Au-delà de la vérification des seuls chiffres, celle des sources, à l’aide d’un esprit critique aiguisé, doit devenir un réflexe chez tous les citoyens, pour appréhender le monde de manière éclairée sans tomber dans une paranoïa absurde ou une défiance exagérée envers élites, médias traditionnels et paroles institutionnelles en général. Cela suppose donc de savoir évaluer la fiabilité d’une page web, de repérer les arguments fallacieux et d’analyser les mécanismes des rumeurs et des théories du complot. Voici une synthèse des différents outils, ressources et sites qui donnent des clés de décryptage et sont autant d’appuis précieux pour forger la pensée critique de nos élèves.

Un travail de vérification aux multiples facettes

Les rubriques de fact-checking dans la presse en ligne

Les décodeurs sur le site Le Monde.fr : ◊www.lemonde.fr/les-decodeurs est une rubrique constituée d’une équipe de journalistes du quotidien Le Monde, qui traquent les rumeurs, fausses informations, erreurs ou imprécisions diffusées par le milieu politique, mais aussi dans les autres médias et sites internet, en les remettant dans leur contexte, en renvoyant aux données brutes chiffrées ou en proposant des analyses fouillées. Une rubrique « Datavisualisation » donne lieu à des comptes rendus et des graphiques de synthèse sur des questions d’actualité polémiques, et la rubrique « Vérification » fait le lien avec l’application dite « Décodex », mini moteur de recherche qui propose la séduisante idée d’évaluer en quelques clics la fiabilité des sites consultés (600 sites référencés en mars 2017). En installant une extension sur son navigateur, on peut obtenir pour chaque site référencé dans le Décodex, une appréciation de son sérieux avec un code couleur, dont les critères sont décrits dans la charte des Décodeurs : qui en sont les auteurs et sont-ils identifiés ? Les données citées sont-elles sourcées ? Y a-t-il des corrections en cas d’erreurs ? Renvoie-t-il vers des sites douteux ? Si cette application ne fait pas l’unanimité dans les médias, certains arguant que Le Monde s’arroge ainsi un...

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