C’est au XIXe siècle, avec l’essor de la littérature réaliste, que la scène de repas devient un topos à part entière. Cette évolution est bien sûr liée à un discours (on veut rentrer dans l’intimité, dans le quotidien des personnages), à une dimension sociale du repas, mais également à une évolution des mœurs ! En effet, c’est à cette même époque que les arts de la table se voient transformés, par l’introduction du service à la russe, qui succède au service à la française, et de nouveaux matériaux et matières !
Des innovations à l’origine d’un nouveau topos littéraire
Le service à la française, en vigueur jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, constitue un véritable cérémonial. Tous les plats sont installés avant l’arrivée des convives, disposés selon un ordre précis, et recouverts d’une cloche afin de conserver la chaleur. À l’arrivée des convives, les serviteurs déclochent d’un même mouvement tous les plats.
L’apparition du service à la russe est liée à l’émergence de nouveaux habitats, avec des pièces plus exiguës, notamment la salle à manger. Par manque de place, les plats ne sont plus apportés en même temps, mais se succèdent. Conjointement, les nappes en lin laissent la place aux nappes en coton ; le cristal arrive en France à la fin du XVIIIe siècle et l’argenterie, procédé anglais, est introduite par la manufacture Christofle. De nouvelles pièces apparaissent (couverts à poisson, assiettes à asperges, fourchette à huître, porte-couteau). Le XIXe siècle marque ainsi un véritable essor des arts de la table, qui permet à la bourgeoisie émergente d’imiter l’aristocratie à moindre coût. La scène de repas, bourgeoise, devient donc un véritable enjeu social. Et les écrivains du XIXe siècle ne se privent pas d’exploiter ce thème !
Plaisir des yeux
Avant tout, et c’est indissociable de notre culture culinaire française, la scène de repas est prétexte à une véritable célébration, à un plaisir des yeux aussi bien que du palais.
Plaisir des yeux tout d’abord, puisque la scène de repas devient prétexte à une description, plus ou moins fastueuse, des arts de la table, offrant au lecteur un réel raffinement esthétique, et un plaisir du texte. Ainsi, Emile Zola, dans La Curée, évoque « des vases de cristal, des assiettes plates, des compotiers montés » mais aussi « l’armée des verres, les carafes d’eau et de vin, les petites salières » ; Théophile Gautier, dans Le Capitaine Fracasse, parle d’une « nappe damassée » sur laquelle étincelle « une riche argenterie » ; Balzac n’hésite pas à décrire, quant à lui, en parfait romancier réaliste, la vaisselle « en faïence blanche bordée de bleu », les carafes à l’« antique forme octogone que la province seule conserve de nos jours », et la soupière à la manière de « Bernard de Palissy ».
L’importance accordée aux arts de la table permet même à certains auteurs de faire l’impasse sur les mets servis ; partant du principe que si la table est somptueuse, les mets seront délicieux : « Dans l’une était le linge de table, aussi beau qu’il soit possible de le désirer, sur une infinité de rayons ; dans l’autre, la vaisselle, de cette magnifique porcelaine de vieux Saxe, fleuronnée, moulée et dorée : les piles d’assiettes en bas, les services de toute sorte, les soupières rebondies, les tasses, les sucriers au-dessus ; puis l’argenterie ordinaire dans une corbeille. »
L’aspect esthétique prime sur l’aspect culinaire, à l’image de la bourgeoisie naissante qui a besoin de se mettre en scène. Car s’il est difficile, mais pas impossible, d’identifier une « cuisine bourgeoise », les arts de la table sont le meilleur moyen d’indiquer son appartenance sociale !
Plaisir de bouche
En ce qui concerne la teneur du repas, ce dernier fait généralement consensus, et les auteurs n’hésitent pas à décrire le plaisir ressenti à la dégustation, comme c’est le cas dans L’Assommoir, lors du repas de noces de Gervaise, la blanchisseuse, et de Coupeau, le couvreur (« Les assiettes furent si proprement torchées qu’on n’en changea pas pour manger les pois au lard. Oh ! les légumes ne tiraient pas à conséquence. On gobait ça à pleine cuiller, en s’amusant, de la vraie gourmandise enfin, comme qui dirait le plaisir des dames. Le meilleur, dans les pois, c’était les lardons, grillés à point, puant le sabot de cheval. Deux litres suffirent. »)
Mais il arrive que certains auteurs se jouent de cette convention pour montrer que l’appréciation d’un repas, et la notion de goût, sont des concepts purement subjectifs et pourquoi pas propices à une scène comique ! Ainsi, dans Les Trois Mousquetaires, le plus grand gourmet de la littérature française, Porthos, que l’on doit, rappelons-le, à l’auteur du Grand dictionnaire de la cuisine, se retrouve invité à dîner chez un procureur dont il courtise la femme. Alors que les convives se réjouissent de « la poule bouillie, magnificence qui fit dilater les paupières des convives de telle façon qu’elles semblaient prêtes à se fendre », Porthos voit une poule « maigre et revêtue d’une de ces grosses peaux hérissées que les os ne percent jamais malgré leurs efforts ». À son grand désespoir, notre mousquetaire « regarda à la ronde pour voir si son opinion était partagée ; mais tout au contraire de lui, il ne vit que des yeux flamboyants, qui dévoraient d’avance cette sublime poule, objet de ses mépris ».
Dimension sociale du repas
Si le goût et l’appréciation d’un repas sont des notions subjectives, ce sont également des notions culturelles et sociales, puisque l’on ne cuisine pas, et ne mange pas, de la même façon selon le milieu auquel on appartient ! Le repas renseigne ainsi les lecteurs sur un élément indiscutable : le milieu social auquel appartiennent les personnages. La qualité et la quantité des mets servis, la mise en scène sommaire ou somptueuse du repas, les convives présents, le lieu et la façon dont se déroule le repas ; tous ces éléments dessinent une sociologie littéraire de la scène de repas.
Cette dimension sociale du repas peut devenir un aspect essentiel de l’œuvre lorsque ce repas se veut une dénonciation de la richesse des uns, au détriment de la pauvreté des autres. Ainsi, dans Germinal, Zola dépeint un repas de fiançailles entre les Hennebeau et les Négrel, les deux familles propriétaires de la mine. Alors qu’il fait extrêmement froid (« Dehors, la journée de décembre était glacée par une aigre bise du nord-est »), les convives dégustent des « œufs brouillés aux truffes », « des truites de rivière », dans une pièce richement décorée qui apparaît comme une bulle ouatée (« Des pièces d’argenterie luisaient derrière les vitraux des crédences ; et il y avait une grande suspension en cuivre rouge, dont les rondeurs polies reflétaient un palmier et un aspidistra, verdissant dans des pots de majolique »). Le raffinement et le plaisir du repas sont d’ailleurs rapidement minés par la peur sourde qui envahit les convives, partagés entre gêne, culpabilité et angoisse de la révolte (« Ce furent, dès lors, des plaisanteries interminables on ne posa plus un verre ni une fourchette, sans prendre des précautions ; on salua chaque plat, ainsi qu’une épave échappée à un pillage, dans une ville conquise ; et, derrière cette gaieté forcée, il y avait une sourde peur, qui se trahissait par des coups d’œil involontaires jetés vers la route, comme si une bande de meurt-de-faim eût guetté la table du dehors »). Ce qui n’aurait dû être qu’un repas festif devient un véritable enjeu au cœur de ce roman, séparant de façon irrémédiable les mineurs des riches propriétaires de la mine.
Fonction symbolique du repas et horizon d’attente
Que mange-t-on ?
La scène de repas peut également avoir une dimension symbolique, et c’est tout l’intérêt de sa représentation littéraire. L’écrivain se servira de la scène de repas pour montrer tout ce qui peut se jouer entre les personnages, que cela relève de la scène de séduction ou du conflit en passant par le malaise. Une scène de repas a priori banale, anodine, pourra contenir en germe toute l’intrigue du roman et constituer en elle-même une parfaite représentation schématique et symbolique de l’œuvre.
Plusieurs éléments permettront de représenter le rapport entre les personnages, à commencer par les éléments qui composent le repas. Par exemple, le repas de mariage entre Charles et Emma Bovary témoigne, au-delà du caractère champêtre de cette célébration, du malaise qui plane déjà autour de cette union. Ainsi, Gustave Flaubert évoque « de grands plats de crème jaune, qui flottaient d’eux-mêmes au moindre choc de la table » et l’alcool coule à la limite de l’écœurement (« Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons, et tous les verres, d’avance, avaient été remplis de vin jusqu’au bord »). Ce qui aurait pu être l’occasion d’une véritable célébration donne quasiment lieu à une indigestion (« Jusqu’au soir, on mangea. Quand on était trop fatigué d’être assis, on allait se promener dans les cours ou jouer une partie de bouchon dans la grange ; puis on revenait à table. Quelques-uns, vers la fin, s’y endormirent et ronflèrent. ») à l’image du malaise ressenti par Emma à l’issue de son mariage avec un homme tout sauf raffiné (« Charles n’était point de complexion facétieuse, il n’avait pas brillé pendant la noce. Il répondit médiocrement aux pointes, calembours, mots à double entente, compliments et gaillardises que l’on se fit un devoir de lui décocher dès le potage »). Rien n’est dit ou presque de la relation entre Emma et Charles. Mais c’est la médiocrité et l’abondance des mets représentés lors de cette scène de repas qui ne laissent planer aucun doute sur le devenir de leur relation.
De quoi parle-t-on ?
Si la portée symbolique du repas peut s’exprimer à travers les mets servis, les conversations tenues lors du repas peuvent elles aussi constituer un élément déterminant.
Ainsi, dans Bel-Ami de Maupassant, la scène de repas est représentée dans sa dimension sociale et surtout érotique. Au début du roman, Georges Duroy, nouvellement introduit à La Vie Française grâce à son ami Georges Forestier, dîne au restaurant en compagnie de ce dernier, de son épouse et de Mme de Marelle. Les mets servis donnent un avant-goût de la tonalité érotique de ce dîner : les convives dégustent des huîtres d’Ostende « mignonnes et grasses, semblables à de petites oreilles enfermées en des coquilles ». L’attention accordée aux sensations, au plaisir de la dégustation (« fondant entre le palais et la langue ainsi que des bonbons salés »), les comparaisons faites par le narrateur (« on servit une truite rose comme de la chair de jeune fille ») font de ce repas un prélude à l’acte amoureux. Cette dimension érotique est renforcée et surtout pleinement confirmée par les conversations tenues pendant le repas qui portent sur l’adultère (« On parla d’abord d’un cancan qui courait les rues, l’histoire d’une femme du monde surprise, par un ami de son mari, soupant avec un prince étranger en cabinet particulier »). Alors que M. Forestier, le seul mari présent, trouve l’histoire drôle (« Forestier riait beaucoup de l’aventure »), les autres convives entament une discussion sur l’infidélité (« Combien y en a-t-il qui s’abandonneraient à un rapide plaisir, au caprice brusque et violent d’une heure, à une fantaisie d’amour si elles ne craignaient de payer par un scandale irrémédiable et par des larmes douloureuses un court et léger bonheur ! »). Mme de Marelle et Mme Forestier sont déjà sous le charme de notre héros (« Il parlait avec une conviction contagieuse, comme s’il avait plaidé une cause, sa cause »). La scène opère donc comme de véritables préliminaires et dessine un horizon d’attente, puisque nous devinons d’ores et déjà ce qui est en train de se passer. Georges Duroy passera à l’acte avec et Mme de Marelle et Mme Forestier et fera de son vieil ami Georges Forestier un cocu notoire.
Sur la table ou sous la table ?
Si la majorité des scènes de repas évoquent ce qui se passe en surface, certains auteurs n’hésitent pas à évoquer l’envers du décor, à savoir ce qui se trame sous la table, sous la nappe.
Dimension érotique de la scène de repas
Ainsi, dans la nouvelle « Le Rideau cramoisi » issue du recueil des Diaboliques, Barbey d’Aurevilly transforme une banale scène de dîner familial en véritable sommet d’érotisme. Le héros de la nouvelle, le vicomte de Brassard, raconte un événement survenu dans sa jeunesse et qu’il n’a jamais oublié. Alors qu’il avait été envoyé en garnison en Normandie, il avait eu une liaison passionnée avec la jeune Albertine, fille de ses logeurs, qui avait osé prendre la main du vicomte sous la table, en plein dîner familial :
« Cependant nous ne pouvions pas rester ainsi… Nous avions besoin de nos mains pour dîner… Celle de Mlle Alberte quitta donc la mienne ; mais au moment où elle la quitta, son pied, aussi expressif que sa main, s’appuya avec le même aplomb, la même passion, la même souveraineté, sur mon pied, et y resta tout le temps que dura ce dîner trop court, lequel me donna la sensation d’un de ces bains insupportablement brûlants d’abord, mais auxquels on s’accoutume, et dans lesquels on finit par se trouver si bien, qu’on croirait volontiers qu’un jour les damnés pourraient se trouver fraîchement et suavement dans les brasiers de leur enfer, comme les poissons dans leur eau !.. Je vous laisse à penser si je dînai ce jour-là, et si je me mêlai beaucoup aux menus propos de mes honnêtes hôtes, qui ne se doutaient pas, dans leur placidité, du drame mystérieux et terrible qui se jouait alors sous la table. »
Le vicomte de Brassard est alors au supplice et la scène de repas devient prétexte à un insoutenable suspense : les parents d’Albertine découvriront-ils ce qui se passe ?
« je mordis ma lèvre au sang dans un effort surhumain, pour arrêter le tremblement du désir, qui pouvait tout révéler à ces pauvres gens sans défiance, et c’est alors que mes yeux cherchèrent l’autre de ces deux mains que je n’avais jamais remarquées, et qui, dans ce périlleux moment, tournait froidement le bouton d’une lampe qu’on venait de mettre sur la table, car le jour commençait de tomber… Je la regardai… C’était donc là la sœur de cette main que je sentais pénétrant la mienne, comme un foyer d’où rayonnaient et s’étendaient le long de mes veines d’immenses lames de feu ! »
Cachez cette trahison que je ne saurais voir
Si, dans la nouvelle de Barbey d’Aurevilly, le héros apparaît comme finalement complice et acteur, à son corps défendant, du « drame mystérieux et terrible qui se jouait alors sous la table », certains héros apparaissent comme des témoins impuissants de ce qui se trame lors d’un repas !
Dans une très célèbre scène de La Confession d’un enfant du siècle, de Musset, le narrateur, Octave, raconte l’événement qui serait à l’origine, chez lui, de la maladie du siècle (« J’ai à raconter à quelle occasion je fus pris d’abord de la maladie du siècle »). En plein repas, le héros a surpris sa maîtresse dans une position a priori des plus inconfortables, mais qui ne semble pas le moins du monde l’incommoder :
« Comme je me retournais pour prendre une assiette, ma fourchette tomba. Je me baissai pour la ramasser, et, ne la trouvant pas d’abord, je soulevai la nappe pour voir où elle avait roulé. J’aperçus alors sous la table le pied de ma maîtresse qui était posé sur celui d’un jeune homme assis à côté d’elle ; leurs jambes étaient croisées et entrelacées, et ils les resserraient doucement de temps en temps. Je me relevai parfaitement calme, demandai une autre fourchette et continuai à souper. Ma maîtresse et son voisin étaient, de leur côté, très tranquilles aussi, se parlant à peine et ne se regardant pas. Le jeune homme avait les coudes sur la table et plaisantait avec une autre femme qui lui montrait son collier et ses bracelets. Ma maîtresse était immobile, les yeux fixes et noyés de langueur. Je les observai tous deux tant que dura le repas, et je ne vis ni dans leurs gestes, ni sur leurs visages rien qui pût les trahir. »
Ce souper, qui a lieu à l’issue d’une « mascarade » apparaît dès lors comme une mascarade lui-même et l’ironie cruelle qui s’empare d’Octave contraste violemment avec la magnificence des lieux, des mets servis, et l’élégance des convives :
« Autour de moi mes amis richement costumés, de tous côtés des jeunes gens et des femmes, tous étincelants de beauté et de joie ; à droite et à gauche des mets exquis, des flacons, des lustres, des fleurs ; au-dessus de ma tête un orchestre bruyant, et en face de moi ma maîtresse, créature superbe que j’idolâtrais ».
Alfred de Musset nous rappelle ainsi ce que peut être une scène de repas, qui plus est un repas de fête : un rituel social, une convention à laquelle les convives se plient et au cours de laquelle ils se « tiennent » d’une certaine façon, et tiennent un rôle.
Liée à des innovations techniques et de profonds bouleversements sociaux, la scène de repas devient au XIXe siècle un topos littéraire majeur. Si quelques personnages gourmets et gourmands font encore leur apparition, l’intérêt purement culinaire de la scène de repas semble être fondamentalement écarté, pour laisser place à une réflexion sur la société, et les dessous-de-table, au propre comme au figuré !

Musées, Expos, Congrès
Organismes
Pour découvrir un large choix de monstres antiques, une collection s’impose, Percy Jackson. À l’âge de 12 ans, un jeune collégien américain découvre qu’il est le fils de Poséidon. Il se rend alors à la colonie des Sang-Mêlé, camp d’entraînement des demi-dieux. Percy est alors prêt à affronter les pires épreuves et les monstres les plus redoutables de l’Antiquité… toutefois quelque peu revisités puisqu’ils y habitent désormais au sommet de l’Empire State Building ! Quand même plus tendance que l’Olympe… Dans le deuxième opus, La Mer des monstres2, Percy affronte le monde des monstres marins, lesquels n’ont rien à envier à leurs collègues terrestres ! Une série qui séduit les lecteurs par son rythme, son humour et ses péripéties tout droit venues de l’Antiquité. Car oui, les monstres antiques sont vraiment et définitivement indémodables.
Beaucoup de rebondissements également dans le roman Jack Perdu et le royaume des ombres6, de Katherine Marsh. Alors que Jack vient d’échapper à un accident, il consulte à New York (la ville où sa mère est morte quelques années auparavant) un étrange médecin. Peu après, il découvrira les portes du royaume des morts, où il partira pour retrouver sa mère. Bien entendu, il croisera sur son chemin quelques gentils et (moins gentils) petits (et moins petits) monstres…
Allez, va pour la vilaine bestiole. Quelque part au milieu de nulle part, un jeune homme nourrit une inquiétante créature. On ne sait pas bien à quoi elle peut ressembler, mais une chose est certaine, ce n’est pas un caniche nain ! Enfermée dans un cube de béton, la bête grandit, et bientôt son espace risque d’être un peu étroit… Et justement, elle a très envie d’aller voir ailleurs si elle y est. Mais la demoiselle est incontrôlable et va vite semer le désordre derrière elle… Vous voulez en savoir plus ? Plongez-vous dans le roman d’Ally Kennen, La Bête8. Vous ferez la connaissance de la créature… et des cauchemars qui vont avec !
Faut-il classer le diable dans la catégorie des monstres ? Sans nul doute. Dans L’Escalier du diable16 de E. E. Richardson, de mystérieuses disparitions secouent la petite ville de Redford et plusieurs enfants pensent en avoir percé le secret : un mystérieux escalier, au-dessus duquel apparaît l’Homme noir. Une seule solution : affronter le monstre en face, sur l’escalier… Terrifiant.
L’inspecteur ne risquait plus d’inspecter ; son cœur ne battait plus depuis de longues minutes. Nul n’aurait imaginé qu’un tel acte puisse se dérouler dans ce paisible collège rural comptant à peine quelques centaines d’élèves, et sur lequel la menace de fermeture planait sans cesse, comme une épée de Damoclès. Néanmoins, l’ambiance demeurait chaleureuse et l’équipe pédagogique prenait plaisir à enseigner au collège du Bois d’Ennuy. Rien ne laissait présager que le pire allait s’y produire ! Aucun indice n’avait mis en alerte cet inspecteur qui venait de perdre la vie. Il s’était vu confier depuis peu la charge d’inspecter les professeurs documentalistes après un pari perdu avec ses collègues… Ce matin-là, Michel Delaquiche avait quitté son domicile avec le sentiment que la routine allait encore dominer cette journée. Il espérait simplement que la professeure documentaliste, titulaire depuis peu, n’avait pas encore adhéré aux discours de l’Association professionnelle des professeurs documentalistes et qu’au contraire elle maîtrisait sur le bout des doigts les mots clés de la doctrine de l’Inspection générale. Il avait lui-même révisé la veille le mémento par acquit de conscience, même s’il devait bien avouer qu’il n’y comprenait pas grand-chose. Il s’en contrefichait pas mal d’ailleurs, d’autant qu’il était titulaire d’une agrégation qui faisait sa grande fierté et lui conférait le sentiment d’une certaine supériorité, renforcé par sa nomination en tant qu’inspecteur. Le guide-conseil des inspecteurs était accompagné d’une grille simplifiée qui permettait de juger rapidement de l’efficacité et surtout de la conformité de l’enseignant inspecté. La consigne était de mettre en avant toutes celles et ceux qui portent bien haut l’étendard de la doctrine de la politique documentaire, même si personne n’y a jamais vraiment rien compris, et encore moins les concepteurs vu leurs faibles savoirs bibliothéconomiques… Bref, cela devait être une inspection des plus classiques, suivie d’une visite de l’établissement, et d’un échange avec le directeur conclut par un repas dans une cantine scolaire. Il aurait d’ailleurs aimé inspecter les cantines, il s’y sentait plus compétent qu’en matière de documentation !
Emi et valeurs républicaines : quelles articulations ?