« On n’en finit jamais avec la censure[1] », selon Jean-Yves Mollier. L’avis publié en mars 2026 par le Conseil économique, social et environnemental[2] (CESE) nous le rappelle avec force à travers son titre éloquent : « Contrer les entraves aux libertés de la création et de la diffusion artistiques[3] ». Ce document d’une centaine de pages dresse un constat inquiétant pour la démocratie : artistes, auteurs, médiateurs et programmateurs culturels sont aujourd’hui confrontés à une recrudescence de pressions, d’intimidations et d’actes de censure qui fragilisent les libertés fondamentales. Après avoir dressé un état des lieux des entraves aux libertés de création et de diffusion artistiques, le rapport met en lumière une remise en cause plus profonde : celle des conditions mêmes d’accès à la culture et de confrontation des points de vue. Bien qu’il s’adresse d’abord aux acteurs du monde culturel, ce texte ne saurait laisser les professeurs documentalistes indifférents. En effet, aucun lieu de savoir et de culture (musées, bibliothèques, librairies, centres d’art, salles de spectacle…) n’étant désormais épargné par ces tensions, comment les Centres de documentation et d’information (CDI) pourraient-ils échapper à ces évolutions ?
Derrière les nombreux exemples recensés par le CESE se dessine une remise en question plus large des libertés de création, d’expression et d’accès au savoir. Dégradations et vols...
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