Sur le plateau de l’émission télévisée d’On n’est pas couché la journaliste Vanessa Burggraf interpelle le 20 mai dernier l’ancienne ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem sur l’enseignement obligatoire de l’arabe au CP et sur la réforme de l’orthographe. Sauf que, sans la plus élémentaire distance et sans un travail de recoupement des sources, la chroniqueuse de l’émission colporte des Fake news. La réforme de l’orthographe date du gouvernement de Michel Rocard en 1990, qui avait suivi alors les préconisations de l’Académie française. Pour l’enseignement de l’arabe, ce sont des rumeurs sans fondement diffusées sur des sites d’extrême droite destinées à nuire à l’ex-ministre. Comment séparer le bon grain de l’ivraie dans un tel monde ? Les enseignants de discipline ne peuvent pas dès le lundi matin reprendre et analyser les (fausses) nouvelles diffusées pendant tout le weekend. Les professeurs documentalistes peuvent sûrement les aider et participer à ce travail d’explication de l’actualité.

Comme le définit Pierre Haski1, le terme de Fake news est un concept insatisfaisant qui « met dans le même sac l’absence de vérification professionnelle des informations, la désinformation délibérée à des fins partisanes, la propagation de théorie du complot sans base factuelle, et même la déstabilisation potentielle d’origine étrangère. On retrouve ainsi, dans cette catégorie, des informations maintes fois démenties et qui continuent d’être partagées ». Cet article fait suite aux tentatives de déstabilisation du candidat Macron par certains organes de presse russes2 pendant l’élection présidentielle française de mai 2017. Les Fake news participent plus généralement, par l’extension exponentielle des moyens de communication et par la facilité nouvelle de diffuser ses propres informations, à la notion de rumeur.
Cette dernière est définie par Pascal Froissart (maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris VIII - Vincennes, Saint-Denis) par une « intuition liée au fonctionnement du monde social : nous pensons que la société est traversée par des rumeurs comme un corps est pénétré par des infections ; nous croyons que les rumeurs sont des quasi-choses animées d’une vie propre et douées d’effets ; nous imaginons que la rumeur vient du fond des âges… Bref, on donne au phénomène une foule de qualificatifs, sans qu’aucun ne soit vérifié… ». Dans...

Vous êtes abonné(e)

Pour accéder à l’ensemble des contenus, connectez-vous.

Je me connecte

Vous n’êtes pas encore abonné(e)

Abonnez-vous à InterCDI pour lire l’intégralité des articles.

Je m’abonne