Ouvrons le dictionnaire. Le Robert des noms communs, édition 2009, ne présente pas moins de dix acceptions du mot « engagement » ! Laissons de côté l’action de mettre en gage… etc., et concentrons-nous quelques instants sur celles qui concernent votre, notre revue : « Action de se lier par une promesse ou une convention ». Et peut-être encore plus la dernière acception proposée par le dictionnaire : « action ou attitude de l’intellectuel, de l’artiste qui prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps (…), met sa pensée au service d’une cause. »
En effet, depuis sa fondation par Roger Cuchin, InterCDI s’est fait la promesse, et a passé contrat moral avec ses lecteurs, de défendre la profession en se mettant à l’écoute et au service des professeurs documentalistes, de se faire leur porte-voix. Et nous entendons bien, si les circonstances le permettent, persévérer dans cette voie.
Marqué par l’engagement et son nécessaire préalable – la pratique d’un esprit critique –, ce numéro l’est, assurément. L’article de Catherine Migné (p. 4) propose ainsi l’analyse critique d’une façon de « décrire » notre société, d’une manière d’«informer », qui dans un passé pas si lointain, a débouché sur des situations historiques de funeste mémoire. Le Thèmalire (p. 25) est lui consacré à l’engagement dans la marche de la société, y compris dans la littérature pour la jeunesse, si importante dans nos CDI, et qui nous offre les portraits de jeunes héros en prise avec des événements contemporains, ou des épisodes du passé ; donner à lire aux élèves, d’une façon vivante, la lutte pour les droits civiques aux USA, la révolution russe ou les événements de 68, c’est aussi les aider à comprendre les enjeux de l’Histoire. Les événements de Mai 68, justement, dont nous fêtons le cinquantième anniversaire cette année, c’est le thème de l’Ouverture culturelle de ce numéro. Une porte ouverte sur des expositions, des sites à exploiter, de multiples ressources concernant un épisode qui a sans conteste façonné en profondeur notre Histoire moderne.
Esprit critique aussi, nous l’avons dit, avec une approche très pratique : un ouvrage directement destiné aux professeurs documentalistes, et en quelque sorte prêt à l’emploi (p. 15) ; une fiche InterCDI pour aider à rédiger une critique de roman (en direction des élèves, bien sûr !), en page 17.
D’autres rubriques, d’autres articles, dont le dernier entretien réalisé par notre collègue Odile Bonneel, page 36, sobrement intitulé « Libre comme l’art », prouvent l’attachement des professeurs documentalistes à leur profession, et à la communication de leurs travaux et recherches dans l’intérêt de tous. Cette volonté de participer à une œuvre collective a aussi, à notre sens, valeur d’engagement.